observations non scientifiques : m'éloigner des réseaux sociaux
Durant les deux dernières semaines d'août, j'avais pris la décision de m'éloigner des réseaux sociaux que je fréquente : Facebook, Twitter, Instagram, TikTok et Snapchat (rien que ça). J'étais dans un état de fatigue mentale et de détresse émotionnelle et je ressentais trop fort tout le poison qui règne sur ces plateformes. Je n'étais plus en capacité d'entendre et de lire les violences gratuites, les insultes, les débats toujours plus violents qui ne mènent nul part. J'étais épuisé.e de voir la liste des luttes grandir de plus en plus, des nouvelles de la planète qui va mal, les conflits entre les pays, les politiciens qui déçoivent toujours plus. Je ne supportais plus de voir la vie des autres, le bonheur qu'ils partagent, les sorties entre potes, en amoureux, les paysages de vacances et les bouteilles d'alcool. Je n'en pouvais plus de tout ça. Mon cerveau n'arrivait plus à contenir et gérer tout ce flux d'informations, que je lui injecte des heures par jours. Alors je me suis déconnecté.e partout et j'ai désinstallé chacune des applications de mon téléphone, pour ne pas être tenté.e d'y retourner.
Parce que finalement, c'est ce que l'on fait. Dès qu'il y a un moment de silence dans une conversation, les minutes de pub, un temps d'attente, un moment gênant, l'ennui, on se saisit sans réfléchir de notre téléphone pour recevoir notre dose d'informations quotidienne. Souvent on réalise qu'il n'y a rien eu de nouveau sous le soleil depuis la dernière fois. C'était il y a peut-être dix secondes, dix minutes, dix heures... Alors on repose. Et on recommence. Jusqu'à ce que ce soit l'heure de dormir. C'est devenu un tel réflexe maintenant, de déverrouiller l'écran de son téléphone, dans l'espoir de voir apparaître une notification, un message, quelque chose de nouveau, d'intéressant. Parfois on ne prend même plus la peine de se concentrer sur ce que l'on voit sur notre écran. On fait défiler les images et les vidéos sans chercher à les observer. Est-ce qu'on sait seulement ce que l'on recherche ? Une image, un son particulier ? Cherchons nous quelque chose de familier ou de nouveau ? Ou bien est-ce que ce comportement signifie que notre cerveau est plein et qu'il ne peut plus rien enregistrer ?
Après deux semaines d'absence complète, j'ai encore ce réflexe de déverrouiller mon téléphone. Puis je me souviens que j'ai tout enlevé. Je réalise que je n'ai plus aucune raison de garder ce réflexe. Mais il est encore là, tenace. J'ai également réalisé que les gens sur les réseaux sociaux ne se préoccupent dans de ton absence. Tu n'es plus là ? Le monde continue de tourner. Dans cette immense toile, tu n'es qu'un petit élément parmi tant d'autres et ton absence passe inaperçue pour la majorité des personnes. Certaines vont t'envoyer des SMS et vont peut-être se souvenir que ce mode de messages existe encore. Bien sûr, nous avons tous.tes une vie, avec nos problèmes à résoudre, notre quotidien à gérer, nos joies à profiter et nos malheurs à guérir. Ce serait trop facile pour moi de reprocher aux gens d'avoir été trop peu nombreux à ne pas avoir réagi à mon absence. J'ai ma part de responsabilité là-dedans. Cela fait des mois que j'entretiens un compte Instagram pour parler d'écriture, d'édition, de problèmes de santé mentale. J'essaie de toucher et de sensibiliser un maximum de personnes. J'ai surestimé mon importance dans ce monde virtuel et je ne suis qu'un petit compte à l'échelle francophone. Et surtout, j'ai dépensé beaucoup de mon temps et de mon énergie, pour finalement réalisé que mon passage ne marque pas les esprits.
C'est douloureux et en même temps salvateur. Cela m'évite de culpabiliser d'avoir quitté le navire et de ne plus être aussi productif.ve. Vraiment, si les gens s'en foutent, alors moi aussi. Parce qu'il y a ce besoin, souvent maladif, de reconnaissance et de validation qu'on attend sur les réseaux. Cela peut devenir un besoin vital qui, s'il n'est pas satisfait, conduit à des problèmes de santé mentale et à des conséquences lourdes. Je recommence doucement à fréquenter les plateformes, mais j'évite d'y aller tous les jours. Car au final, il ne s'y passe pas grand chose. Le vrai moyen d'avoir l'attention des autres, surtout des personnes que l'on aime, ce n'est pas d'aller sur les réseaux. Il faut seulement leur parler.
De plus, cet éloignement m'a permis de me recentrer sur moi, mes propres émotions et d'évaluer ma situation. Je ne suis pas au top de ma forme mentalement (je ne l'ai jamais été je crois) mais j'ai retrouvé un équilibre avec moi-même. Je suis en tête à tête avec ma propre personne et nos discussions sont calmes. Je ne me retrouve pas frustré.e, énervé.e, blessé.e ou choqué.e à cause d'une surexposition sur la toile, à ressentir des choses qui ne m'appartiennent pas.
Alors je compte maintenir un retour très lent et une fréquentation peu régulière. C'est à partir de cette pause que j'ai créé ce blog, sur lequel je ne ressens aucun besoin de validation. Je sais que des personnes le consultent, mais je l'ai créé avant tout pour moi et partager tout ça, sans limite de caractères, sans esthétique imposée, hashtags recommandés, rien de tout ça. Je reviens sur des bases simples et actuellement, ça me suffit.
❤
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