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Affichage des articles du 2022

(re)découvrir sa ville

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Cela fait depuis septembre qu'une psychologue m'aide à regarder ma ville natale sous un autre œil que celui de mon trauma. C'est difficile pour moi de m'épanouir dans une ville que j'ai jamais considéré comme la mienne, car les habitants de mon enfance et mon adolescence n'ont cessé de me rejeter de me donner envie de m'enfuir. Chaque carrefour et placette me ramène à une période de solitude extrême, où je me sentais dans une impuissance totale. J'avais l'impression d'être l'unique ado d'Aurillac à souffrir. Souffrir de mon style, de mon homosexualité, de ma personnalité. Souffrir d'être ce que j'étais.  J'ai 26 ans et ces années de harcèlement ont été une grande partie de ma vie. Le calvaire a cessé à l'approche de mes 18 ans. Cela ne fait même pas encore dix ans. Alors oui. Les symptômes, les peurs, le trauma, sont toujours là.  Même si c'est difficile, je m'ouvre aux conseils de ma psy et j'essaie de regarde...

home shit home

 Je me souviens vaguement avoir lu une citation du style : Le foyer n'est pas une maison mais -  Quelque chose blabla. Dans le même délire de on ne choisit pas sa famille mais - quelque chose blabla. Je me demande s'il existe une citation similaire quand cela s'applique à une ville. J'ai des maux de ventre dès que je dois mettre un pieds dehors, que ce soit pour aller dans la pharmacie qui se trouve juste à côté de mon immeuble ou me rendre vers la gare qui se situe à 20 minutes à pieds. Je n'arrive pas à me résoudre à faire mes courses, jusqu'à ce que mes placards soient entièrement vides. Je suis capable, parfois, de ne pas manger une journée entière et me dire aller, demain, je vais faire mes courses . La ville a beau être en plein ravalement de façade, avec ses projets d'espace verts, de redynamiser son attractivité, de repeindre et rénover des immeubles laissés à l'abandon depuis quinze ans. Mes potes ont beau me dire que la ville est jolie, qu...

observations non scientifiques : m'éloigner des réseaux sociaux

Durant les deux dernières semaines d'août, j'avais pris la décision de m'éloigner des réseaux sociaux que je fréquente : Facebook, Twitter, Instagram, TikTok et Snapchat (rien que ça). J'étais dans un état de fatigue mentale et de détresse émotionnelle et je ressentais trop fort tout le poison qui règne sur ces plateformes. Je n'étais plus en capacité d'entendre et de lire les violences gratuites, les insultes, les débats toujours plus violents qui ne mènent nul part. J'étais épuisé.e de voir la liste des luttes grandir de plus en plus, des nouvelles de la planète qui va mal, les conflits entre les pays, les politiciens qui déçoivent toujours plus. Je ne supportais plus de voir la vie des autres, le bonheur qu'ils partagent, les sorties entre potes, en amoureux, les paysages de vacances et les bouteilles d'alcool. Je n'en pouvais plus de tout ça. Mon cerveau n'arrivait plus à contenir et gérer tout ce flux d'informations, que je lui injec...

BILAN ETE 2022 - job saisonnier et solitude se tiennent la main

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A 26 ans j'ai enfin terminé mon long chapitre sur les études supérieures. Je n'ai pas choisi BTS Communication car ce fut une révélation. Je l'ai choisi par facilité (si on peut juger ce BTS facile). On m'a dit que j'avais des capacités pour réaliser des projets de communication, alors j'ai fait confiance au jugement de cette personne et j'ai sauté le pas. Je n'avais pas d'autres options à l'époque et j'étais suffisamment optimiste pour tenter ma chance. En juin je suis donc sorti.e victorieux.se et fraichement diplômé.e de deux années de BTS compliquées. L'ambiance était loin de celle que j'avais connu durant mon année de licence à la fac et j'avais l'horrible impression d'avoir régressé dans un monde d'adolescents. Je n'y avais définitivement pas ma place, dans cette classe de jeunes adultes hormonés, ambitieux et qui avaient la sale habitude de se poignarder dans le dos. J'ai rapidement choisi de faire profi...

pourquoi c'est (pas) mieux avant

 Je n'ai pas eu une enfance heureuse. J'aurai aimé qu'il en soit autrement. Me souvenir d'événements marquants avec un sourire nostalgique. Raconter avec tendresse des petits moments de partage au soleil, des repas de famille animés, des rires refoulés sous une couette après minuit. J'aurai tellement voulu partager mon enfance heureuse autour d'une table dans un café, que mes interlocuteurs voient dans mes yeux le bonheur des années passées. Mais mon enfance ne ressemble à aucune fable heureuse et je me demande combien nous sommes à ne pas remplir les critères d'une enfance pleine de joie. Je me souviens avoir été témoin de ces moments que j'aimerai tant raconter. Je me souviens de mon corps prisonnier dans son propre espace personnel et de mon esprit prisonnier dans une autre dimension. Je portais des bouchons d'oreille et un bandeau sur les yeux, que personne ne pouvait voir. Les sons et les images étaient fugaces. Je n'étais pas dans le monde ...

(ne pas) savoir quoi faire de ma vie

Qu'est-ce que tu aimerais faire dans ta vie ? Qu'est-ce que tu fais dans ta vie ? J'ai grandi, comme toi, avec ces deux questions. La première, on nous la pose quand nous sommes enfants. La seconde, quand nous sommes des personnes adultes et donc censées avoir déjà un chemin tracé. Je n'ai jamais été capable de répondre à ces deux questions. En même temps, pourquoi ? Je n'ai jamais compris. Pourquoi, dès la plus petite enfance, on nous demande déjà ce que l'on aimerait faire de concret dans la vie, alors que l'on veut juste être astronaute, justicier, ninja, super espion, chanteuse, actrice, artiste, voyageur temporel, agent d'une société ultra secrète basée sur la lune. De plus, au fil des ans, nos envies et nos rêves changent tellement, pourquoi s'enfermer dans un seul objectif de vie professionnel, alors que tant de choses peuvent être possibles ? Je n'ai jamais su ce que je voulais faire de ma vie. Actuellement, je ne sais pas toujours pas. J...

SATURNE

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  Tyrnyauz, Kabardino-Balkarian Republic, Russia Photo libre de droit (site : Pexels) Comme j'aurai aimé avoir un appareil photo suffisamment puissant, pour immortaliser le ciel de ce 24 août. Ma mère est venue me chercher pour partager avec moi une vue qui m'a paralysée. Je ne pensais pas être un jour témoin d'étoiles aussi brillantes.  Au mépris de ma nuque, j'ai contemplé le ciel étoilé de ma campagne pendant de longues minutes. J'ai avalé cette vision avec des yeux voraces et fascinés. J'ai essayé de mémoriser chaque étoile, leur taille, leur couleur. J'avais l'impression qu'elles étaient à portées de mains. J'espérais tellement pouvoir les toucher, les voir de plus près. En pleine contemplation, j'ai une fois encore réalisé notre petitesse face à l'immensité spatiale. Qui sommes nous, face à tant d'étoiles ? Qui sont-elles, qu'abritent-elles ? Pendant que je nourrissais mes yeux de cette vision unique, je me suis demandé.e si...

LA LOI DE MURPHY - premier roman cabossé

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Quelque chose que j'ai trouvé amusant, quand La Loi de Murphy est sorti en librairie, c'est que j'ai découvert la chanson d'Angèle, du même titre, deux mois après !  Néanmoins mon roman n'a rien à voir avec la chanteuse et ses textes et de toute façon je ne me comparerai pas à un chef d'œuvre.  J'ai écris La Loi de Murphy au début de l'année 2017 et il a été édité en septembre de la même année. J'avais pris contact avec une maison d'édition locale, dans l'espoir que sa petite taille et sa récence donne une chance à mon premier roman. Si au début, ce fut un évènement réjouissant, j'ai rapidement compris que la maison d'édition n'avait pas fait correctement son travail. L'image de mon roman en a subi les conséquences et probablement la mienne à l'échelle locale. Mais je n'écris par cet article pour me plaindre cette expérience, que j'ai fini par dépasser. Je veux te parler de mon Murphy. Aucun personnage présent dans...

Ciel d'Abby

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Depuis des années, j'ai pris l'habitude de prendre les nuages en photo. Ma première amoureuse avait fini par appeler ces photos des "ciel d'Abby". C'était le pseudonyme que j'avais utilisé pendant toutes mes années d'adolescence, dans l'espoir d'être anonyme de mes harceleurs sur les réseaux sociaux. J'ai eu la chance d'être la dernière génération à ne pas trop avoir recours à Internet pour continuer de faire du mal aux autres.  Ma première amoureuse continue toujours d'appeler ça un "ciel d'Abby". J'ai toujours vu les nuages comme des coups de pinceaux ou des énormes bonbons. J'adore les observer et me perdre dans les formes qu'ils prennent. Je pense alors à tout ce que j'ai accompli, raté. Aux personnes que j'ai perdu, celles qui sont toujours là. J'ai toujours une pensée pour ma grand-mère, car on m'a dit qu'elle était au ciel. Je me demande s'il existe un nuage rien qu'à elle...

Présentation

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Salut à toi qui passe par ici ! Je suis Maé, l'ermite propriétaire de ce blog. Depuis l'enfance, je fais partie de ces êtres inadaptés pour la société. Un peu bizarre, qui ne rentre dans aucune case, dont on ne sait pas quoi faire, ni quoi dire. Je me confonds dans ceux qui profitent du système et aujourd'hui je prends beaucoup de médocs. Mal dans ma peau depuis aussi longtemps que je m'en souvienne, je cherche toutes solutions pour guérir et avancer dans la vie, même si c'est long et douloureux. En tant qu'ermite, j'ai les passe-temps qui vont avec : lecture, écriture, jeux vidéos et autres activités qui ne nécessitent pas la présence d'autres individus. Néanmoins il m'arrive de sortir tous les dix ans pour voir les potes et cotoyer la société dans des lieux publics, bruyants et bondés de gens qui parlent très forts. Il me faut deux semaines pour m'en remettre mais j'aime sortir de ma zone de confort de temps en temps pour voir les gens que ...